vendredi 2 mars 2012

11 - Guichard de la Linière


Guichard de La Linière 


Guichard de La Linière

La famille Guichard est une vieille famille du Vigan. Elle a été anoblie en 1777 et est devenue Guichard de la Linière, généralité de Paris. C'est par alliance avec une branche de la famille d'Assas, les d'Assas de Chamfort qui détenait le fief de Saint André de Majencoules depuis des centaines d'années, que Guichard de la Linière devint seigneur de Saint André et propriétaire du château.

(on trouvera sous une autre rubrique et prochainement ici l’histoire de la famille d’Assas)

Les armes des Guichard de la Linière sont, selon le Grand Armorial de France de Jougla de Mornas :

« D’argent à trois têtes de lion de sable arrachées languées de gueules, couronnées d’or, posées d’or, lampazé de gueules, couronnées, posées 2 et 1 »



Antoine Annibal Guichard voit le jour au Vigan. Il est le fils de Pierre de Guichard et de Antoinette Fayssat. Il porte le titre de Seigneur de La Linière. C’est un militaire, Capitaine Aide-Major au Régiment de la Reine Cavalerie.

Il est décoré de l’Ordre de Saint Louis avec le titre de Chevalier.


Il a une sœur Jeanne de Guichard dont nous savons qu'elle était marié à Etienne Salze et qu'elle avait un fils Pierre, marié en février 1706 avec Jeanne Lozeran . Acte passé devant maître Jean Bousquet Notaire à Saint André de Valborgne le 11 février 1706. Antoine Annibal est témoin. Il est alors Lieutenant de Dragons. 

Il se marie le 6 août 1720 avec Françoise Arboux, fille de Pierre Arboux et de Françoise Daudé, née en 1691 au Vigan.
( pour des problèmes de transcription de l'écriture, le dictionnaire de la Révolution parle d'une " Arbona" )

De ce couple naîtront deux enfants :


Louise Françoise née le le samedi 31 mai 1721 au Vigan


Antoine François né le dimanche 6 février 1724 au Vigan


Antoine Annibal décède en 1753.


Louise Françoise Guichard se marie le 14 août 1759 avec François Xavier Daudé d’Alzon, Officier de Cavalerie, Maire péerpétuel du Vigan, Subdélégué de l’Intendant du Languedoc, Juge de la Viguerie du Vigan.


Il est le fils légitime de Jean Daudé d’Alzon et de Madeleine Roussy. Ce Jean Daudé est le petit-fils de Jacques Daudé, Seigneur de la Coste, Conseiller du Roi. Il s’est illustré par sa lutte contres les Camisards et fut mortellement blessé en 1704. Ces enfants obtinrent d’ajouter à leur nom le titre d’Alzon. Ce sont les ancêtres du célèbre père Emmanuel d’Alzon dont les racines familiales sont bien sur la Commune de saint André de Majencoules, au hameau de la Coste, dans la grande maison au bas du hameau, dont la porte d’entrée, porte encore en fer forgé la grille avec le « D » de Daudé ; même si actuellement cette partie de la grille est masquée à la vue.
Il meurt le 22 août 1786.


Antoine François Guichard de la Linière se marie, le 27 janvier 1761 à Saint André de Majencoules avec Gabrielle d’Assas, fille légitime de Jean-François d’Assas et de Marguerite Brun ( ou de Brun).


Gabrielle d’Assas est la fille de Jean-François d’Assas, dit de Chamfort qui était seigneur de Saint André de Majencoules, d’Ardaillès et d’Hierle, titre qui est repris en partie pour ce qui concerne Saint André par Antoine de La Linière. Il descendait d’une branche de la famille d’Assas, seigneur de Peyregrosse, dont on retrouve des traces dès le 15ème siècle. C’est d’une autre branche de cette famille que descendra le célèbre Chevalier d’Assas.


Les d’Assas portent les armes de Saint André, ce qui est attesté dans les temps les plus reculés. Elles se lisent : « d’or au chevron d'azur accompagné en chef de 2 pins de sinople et en pointe d’un croissant de gueules, au chef d’azur chargé de trois étoiles d’or. »


Ces armes et la famille d’Assas sur la commune sont citées dès Valentin 1er d’Assas dit de Peyregrosse, né en 1350 et décédé en 1438. On peut dire que ce sont les vraies armoiries de la Commune, tant la famille d’Assas a marqué ces lieux par sa présence pendant plus de 400 ans. Nous verrons que les différentes branches de la famille d'Assas et leur nombreuse descendance, ont repris ces amoiries avec quelques nuances.


Le couple La Linière – d’Assas a un premier fils le lundi 22 novembre 1762 qui meurt à sa naissance et dont nous n’avons pas retrouvé les prénoms.


Un deuxième fils prénommé Antoine Louis voit le jour le mercredi 25 octobre 1769.

Antoine François Guichard , Comte de La Linière , par son épouse qui lui apporte le fief en dot, est Seigneur de Seigneur de Saint André de Majencoules.


Il est Chevalier de Saint Louis. C’est lui qui est anobli en 1777. C'est le plus connu à Saint André.

Militaire, il est successivement :


-            Cornette au Régiment d'Egmont-Cavalerie (7 avril 1746)

-           Maréchal de Camp des Armées du Roi (1/1/1784)   
Il est titulaire d'une pension de 1000 livres décrétée par brevet daté du 16 mars 1771
Dans la liste des décrets  de liquidation des pensions supprimés par l'Assemblée Nationale Légiuslative entre le 1er octobre 1791 et le 27 février 1792, on lit qu'il bénéficiait depuis le 6 février 1774 d'une ancienne pension sur le Trésor Public de 6466 livres, 5 sous et 2 deniers et d'une pension sur l'ordre de Saint louis de 1000 livres ( sans doute sa pension du 16 mars 1771) , soit un total de 7466 livres, 5 sous et 2 deniers, tout ceci au titre de 31 années de services, du 25 mars 1745 à 1749, et du 11 mars 1756 au 1er janvier 1784. 
Maréchal de Camp, il a fait 8 campagnes. 
L'Assemblée Nationale rétabli ses pensions à un total de 5000 livres en proportion au nombre de campagnes, en vert de l'article 5, titre 3 de la loi du 22 août 1790. 

- Député de la Noblesse aux Etats Généraux (1789) il dut surtout son élection à son âge (65ans).

Voici les circonstances de son élection :


La désignation des Députés de la Noblesse pour les trois diocèses de la Sénéchaussée de Nîmes du diocèse, ( les départements n'existaient pas encore) eut lieu les 28 et 29 mars. 
Le Marquis de Fournès, grand noble traditionnel, fut élu au premier tour. Le choix d'un deuxième député fut plus difficile. Après qu'un deuxième tour n'eut pas réussi à départager les votants entre le Baron d'Aigaliers et M. de la Linière, l'Assemblée de la noblesse procéda à un troisième tour. Les deux candidats en lice obtinrent chacun 124 voix pour 258 votants . Il fut alors décidé, en vertu du réglement que M.de La Linière était élu au bénéfice de l'âge, au titre du diocèse d'Alès.
Le troisième député de la noblesse fut élu ensuite et c'est le Baron de Marguerittes, magistrat municipal, partenaliste et libéral, qui l'emporta sur le marquis de Clausonnette.
Le quatrième député de la noblesse fut le Baron d'Aigaliers, esthète, militaire et littérateur, récemment converti aux charmes de l'économie politique et séduit pas Necker. Il était le frère du futur amiral de Brueys qui devait s'illustrer tristement à Aboukir.

La Linière, Maréchal de Camp, avait alors 65 ans. Il était soutenu par la noblesse cévénole, en particulier du Vigan. Certains malveillants disent qu'il avait "la particule récente". La Linière, outre son titre militaire semblait partager le goût des Belles-Lettres avec le baron d'Aigaliers. Les historiens s'étonnent de son élection, en soulignant son extrème discrétion alors que d'autres nobles de son diocèse se sont distingués par leurs interventions au cours des semaines précédentes.
Au moment du Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789,  les quatre députés de la noblesse du département du Gard, ne se joignent pas au Tiers-Etat. Ils ne le feront que le 27 juin sur les instances du Roi. 
Tous les historiens s’accordent à dire que le rôle de La Linière fut totalement insignifiant au cours de l’Assemblée.


Député de l’Assemblée Constituante il est membre du groupe de la Parfaite Union (loge maçonnique constitué par le Grand Orient le 5 octobre 1780 et dans laquelle on retrouve la plupart des hommes "biens nés" du Vigan, tel François Quatrefages de la Roquette, Constituant et Maire du Vigan.


Selon le dictionnaire de la Révolution, il n'eut pas dans son rôle de député un attitude bien définie et il cessa de sièeger à partir du 12 juillet 1791.


Antoine F. GUICHARD de LA LINIÈRE après l'attaque du château de Saint André en Avril 1792, et sa fuite par le souterrain, est incarcéré à Nîmes, ainsi que son fils. . Libéré il se retire au Vigan, alors que son fils émigre et sera guillotiné. Il mène une vie consacrée au bel esprit et à la dévotion.
Ruiné, il est décédé le lundi 4 janvier 1808, à l'âge de 83 ans, au Vigan (30120).

Son fils, Antoine Jean Louis GUICHARD de LA LINIÈRE est Capitaine au Régiment du Roi-Cavalerie. Il porte le titre de Chevalier.


Il se marie au Vigan, avec Françoise Jeanne de ROUSSY, la fille légitime de Gabriel François de ROUSSY et de Jeanne Ange de PAROUTY. Ce couple n’aura pas d’enfant.


Il figure sur la liste des personnes émigrées pour le département du Gard, et ce dès avant le 2 novembre 1792.

Guichard Antoine Jean Louis ( dit Lalinière) - c’est ainsi qu’il est répertorié sur la liste - , et noté comme ancien officier de Cavalerie, né au Vigan, département du Gard. La liste précise qu’il a d’abord été incarcéré à Nîmes ainsi que son père.


Il est à nouveau sur la liste des émigrés de l’An II ( 3 frimaire An II) .Mais il revient en France en 1794. Il est pris à Valenciennes et traduit devant la commission militaire de cette ville qui, en date du 5 vendémiaire an 3 , séance tenante, le condamne à mort .


Traduit devant le Tribunal Révolutionnaire, il est guillotiné à Paris le 26 septembre 1794. Il avait 24 ans.


Ainsi disparurent les Guichard de La Linière, dont la seule trace de leur brève existence est, à Saint André, le monogramme « G » et « L « entrelacés au fronton du grand et beau portail de fer forgé à

l’entrée du château.


On remarquera que la famille Guichard qui était issue d'une vraie noblesse par ses lointaines origines et son implantation en pays viganais, a tenté, comme bien des familles à cette époque, d’obtenir un titre de noblesse et qu’elle a tenté d’asseoir ce titre par des alliances avec les Daudé d’Alzon et avec les d’Assas, entre autres familles illustres et influentes du secteur. Mais un des contrecoups de la Révolution fut la disparition tragique d’Antoine Jean Louis Guichard de la Linière .


© copyrigth Jean Mignot


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